À partir de 2027, les commerces de six communes de l’agglomération clermontoise pourront lever le rideau lors de huit dimanches par an, contre cinq jusqu’ici. La décision, votée le 24 septembre 2026 par le conseil de Clermont Auvergne Métropole, relance le débat récurrent entre dynamisme commercial et conditions de travail des salariés du secteur.
Le vote a été net : 66 conseillers métropolitains sur 82 ont approuvé la mesure (84 %), contre 12 votes défavorables et 4 abstentions. Six communes sont concernées, celles qui concentrent les plus grandes zones commerciales de la métropole : Clermont-Ferrand, Aubière, Cournon-d’Auvergne, Lempdes, Le Cendre et Pont-du-Château.
Un calendrier calé sur les temps forts commerciaux
Les huit dimanches retenus ne sont pas répartis au hasard sur l’année. Le calendrier associe deux dimanches pendant les soldes, deux autres lors des braderies locales, le dimanche du Black Friday, ainsi que les trois dimanches précédant Noël. Chaque maire devra toutefois formaliser sa liste définitive de dates avant le 31 décembre de l’année précédente, comme le prévoit la réglementation sur les dérogations au repos dominical.
Jusqu’à présent, le régime clermontois se limitait à cinq « dimanches du maire », complétés par des exceptions déjà existantes pour les commerces alimentaires (ouverture autorisée jusqu’à 13 heures), les hôtels, cafés et restaurants. La loi nationale autorise en théorie jusqu’à douze dimanches d’ouverture par an, une marge que la Métropole n’a pas souhaité utiliser en totalité.
Des réactions partagées entre salariés, syndicats et commerçants
Du côté syndical, la CGT Commerce a exprimé une opposition ferme. Pour Dominique Holle, représentant syndical, l’argument du volontariat des salariés ne tient pas face à l’organisation réelle du secteur : les postes les plus précaires restent les plus exposés à devoir travailler le dimanche. Le syndicat redoute par ailleurs un effet d’entraînement vers la limite légale des douze dimanches dans les années à venir.
Les représentants des commerçants, à l’image de Karine Gubiotti pour l’association Cœur de Ville, se disent au contraire satisfaits de l’équilibre trouvé, à condition de ne pas aller au-delà : selon elle, ces dimanches supplémentaires doivent surtout servir à animer le centre-ville plutôt qu’à multiplier les ouvertures. Côté salariés, les avis recueillis sur le terrain sont plus nuancés : le travail dominical est rémunéré double et récupéré, mais pose des questions concrètes d’organisation, notamment sur les transports en commun et la garde d’enfants.
L’ancien maire de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, avait pour sa part qualifié le système des cinq dimanches d’« équilibré » et demandé qu’une évaluation soit menée un an après la mise en place du nouveau dispositif. De son côté, le maire d’Aubière, Sylvain Casildas, avait engagé des discussions préalables avec la CGT Commerce avant le vote, signe que la question reste sensible pour les commerçants indépendants comme pour les grandes enseignes.
Un débat qui dépasse l’agglomération clermontoise
Cette évolution n’est pas isolée : plusieurs métropoles françaises ajustent régulièrement leur régime de dérogations, entre volonté de soutenir le commerce de centre-ville et préservation du repos dominical des salariés. À Clermont-Ferrand, la mise en œuvre concrète dépendra surtout des choix de dates que feront les maires des six communes concernées d’ici la fin de l’année, et de la manière dont les enseignes s’organiseront pour couvrir ces ouvertures supplémentaires sans peser uniquement sur les mêmes équipes. Comme le souligne l’ancien édile clermontois, un premier bilan après une année d’application permettra de mesurer l’impact réel sur la fréquentation et sur les conditions de travail — un sujet que suivront de près les associations locales, à l’image de celles mobilisées lors du récent forum des associations de Limoges.
Questions fréquentes
Quelles communes sont concernées par les huit dimanches d’ouverture ?
Six communes de Clermont Auvergne Métropole : Clermont-Ferrand, Aubière, Cournon-d’Auvergne, Lempdes, Le Cendre et Pont-du-Château, choisies car elles regroupent les plus grandes zones commerciales de l’agglomération.
Quand ce nouveau régime entre-t-il en vigueur ?
La décision a été votée le 24 septembre 2026. Les maires doivent fixer leurs dates précises avant le 31 décembre de l’année précédant leur application, conformément à la réglementation sur le repos dominical.
Les salariés sont-ils obligés de travailler ces dimanches supplémentaires ?
Le travail dominical repose sur le principe du volontariat et donne lieu à une rémunération doublée avec récupération. La CGT Commerce estime toutefois que ce volontariat reste théorique pour les salariés les plus précaires du secteur.
Sources
France 3 Auvergne-Rhône-Alpes ·
ICI Auvergne-Rhône-Alpes ·
Ville de Clermont-Ferrand
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

